De la bonne compagnie…

par David S. WILLIG, Avocat

Les français ont la renommée mondiale d’intelligence et d’indépendance. Pourtant, il y a des limites et il est important de savoir ce que l’on ne sait pas. Par exemple, on peut observer qu’en moyenne les gens préfèrent effectuer des calculs dans leur langue maternelle.

Pour un entrepreneur ou un investisseur, les questions de droit sont primordiales pour la protection de l’investissement. Il s’ensuit qu’il est aussi important d’identifier dans le domaine du droit ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas.

Pour combler les lacunes de droit, il va de soi qu’il faut un bon avocat ou notaire, voire, dans les plus grandes structures, des juristes salariés. Ceci est d’autant plus sur le plan international que national. Il faut donc être accompagné et pas par n’importe qui.

Pour certains domaines d’activités, des spécialistes sont indispensables. Certes, le plus spécialisé, le plus éloigné sera le spécialiste en termes de communication. Et c’est un domaine où la marge d’erreur n’a pas beaucoup de tolérance.

Prenons le cas de M. Jean Peyrelevade, ancien PDG du Crédit Lyonnais. Dans une interview accordée au journal français l’Opinion (parution du 6 juin 2014), il a, à l’occasion du « harcèlement » de la BNP Paribas par les procureurs américains, profité pour raconter une histoire ahurissante où il a lui-même frôlé la justice américaine.

M. Peyrelevade, dire que «  la justice américaine sait se montrer pointilleuse et méticuleuse »  est un peu léger.

Ayant lu et relu, il faut conclure que ni ce dernier, ni le Crédit Lyonnais n’étaient peut-être pas en fin de compte bien accompagnés lors de leurs mésaventures judiciaires aux USA. Il est même tout à fait possible d’anticiper une mise en accusation et de la confronter avant qu’elle naisse.

Cela ne veut pas dire que M. Peyrelevade et le Crédit Lyonnais ont saisi des spécialistes de droit incompétents eu égard de leur domaine de spécialisation, mais, il a manqué à M. Peyrelevade et au Crédit Lyonnais une compréhension de l’environnement juridique une fois immergés dans le système pénal qui les a mis en accusation.

L’intangible de la bonne communication reste un risque surtout dans un environnement linguistique étranger. En effet, même si un professionnel maitrise une seconde langue presque comme celle maternelle ; à moins que ce professionnel soit formé en droit dans les deux langues, il y aura sans doute des lacunes à combler. Cela ne fait pas partie du langage quotidien des gens de la rue.

Il est donc primordial de se faire accompagner… et bien.

(Cet article a paru dans Le Courrier de Florida, No. 12, Juillet-Août 2014)

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